Acupuncture ou pharmacopée : qu’utilise-t-on le plus en Chine ?
- Vincent Meunier

- 9 avr.
- 2 min de lecture

Quand on parle de médecine chinoise en Europe, l’image qui vient le plus souvent à l’esprit est celle de l’acupuncture. C’est compréhensible : l’aiguille est visible, concrète, immédiatement identifiable. Pourtant, en Chine, la réalité clinique est plus large. La médecine chinoise ne se réduit pas à l’acupuncture, et la pharmacopée y occupe globalement une place plus importante dans l’usage courant.

Il faut toutefois rester rigoureux sur les chiffres. Aucune statistique nationale officielle simple ne semble publier un pourcentage direct “acupuncture vs pharmacopée” pour l’ensemble du pays. Les données officielles chinoises décrivent surtout le volume global d’activité de la médecine chinoise. En 2019, les structures de médecine chinoise totalisaient environ 1,16 milliard de consultations. En 2023, ce volume atteignait 1,54 milliard, et les autorités ont indiqué qu’en 2024 il avait dépassé 1,6 milliard de consultations.
Même sans ratio officiel unique, les ordres de grandeur disponibles vont dans le même sens. Une étude publiée en 2020, fondée sur des données administratives chinoises, estimait à 33,708 millions le nombre de visites d’acupuncture en Chine en 2018. Ce chiffre montre que l’acupuncture est très présente, mais il reste très en dessous du volume global d’activité de la médecine chinoise. Autrement dit, l’acupuncture est importante, mais elle ne semble pas être la modalité dominante en volume.

Cette hiérarchie s’explique assez bien par la logique clinique chinoise. La pharmacopée est souvent utilisée comme traitement de fond, sur des périodes plus longues, avec des ajustements successifs selon l’évolution du tableau. L’acupuncture, elle, reste majeure, mais intervient très souvent comme approche complémentaire ou associée. Une étude récente menée en Chine chez des patients atteints de maladies chroniques allait clairement dans ce sens : parmi les thérapies de médecine chinoise utilisées, la pharmacopée chinoise arrivait en tête à 73,11 %, tandis que l’acupuncture concernait 30,48 % des patients interrogés. Ce n’est pas une photographie parfaite de tout le système de santé chinois, mais c’est un indicateur cohérent avec les autres données disponibles.
La conclusion la plus juste est donc la suivante : en Chine, la pharmacopée est globalement plus utilisée que l’acupuncture, même si les deux occupent une place importante et sont très souvent associées dans la pratique. Ce qu’il faut éviter, en revanche, c’est d’annoncer un pourcentage national exact comme s’il existait une statistique officielle simple et définitive. Ce n’est pas le cas dans les sources publiques repérées.
En réalité, ce décalage dit surtout quelque chose du regard occidental sur la médecine chinoise.
En Europe, l’acupuncture en est souvent la porte d’entrée.
En Chine, elle fait partie d’un ensemble beaucoup plus vaste, dans lequel la pharmacopée reste un pilier central.





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